• Japon : TV + mobile + Journal = nouveau média

     Les téléspectateurs japonais sont toujours nombreux devant le poste (surtout les vieux), mais ils sont moins attentifs et moins attrape-nigauds nous dit la sociologie de la télévision, un peu comme en France le sociologue Jean Louis Missika.. . Les marques commerciales sont toujours très présentes à l'antenne, mais moins longtemps, moins souvent. Résultats, même si les écrans de pub sont encore trop fréquents et assez chargés (qui tuent les scénarios des films et séries), les recettes publicitaires des chaînes privées déclinent.

    Est-il possible de rattraper les yeux des consommateurs pour continuer d'attirer les mains généreuses des annonceurs ? Sinon, comment combler le manque à gagner, surtout en période de marasme économique ?

    Le deuxième opérateur de télécommunications japonais, KDDI, le puissant groupe de télévision privé nippon, TV Asahi, et le populaire quotidien du même groupe, l'Asahi Shimbun, espèrent avoir en partie la réponse à ces questions, en mettant bout-à-bout leurs chaînes et réseaux afin de créer un bouquet de services d'informations payants pour mobiles. Au Japon, il peuvent sans rêver imaginer de totaliser des millions d'abonnés.

    "Avec l'adoption massive des téléphones portables et ordinateurs, les citoyens choisissent désormais leurs vecteurs d'information en fonction de leurs attentes, des circonstances dans lesquelles ils se trouvent et du moment, ce qui bouleverse le paysage dans lequel évoluent les médias traditionnels", ont souligné les trois groupes. "Face à cette situation, nous avons décidé d'allier nos réseaux, nos technologies, nos capacités à diffuser l'information et notre puissance marketing, pour développer de nouvelles formes de diffusion de l'actualité sur mobiles", ont-ils expliqué.

    Les trois groupes prévoient notamment de lancer d'ici l'été prochain "un nouveau type de service d'information mêlant presse écrite et TV", à l'adresse des téléphones portables, avec des alertes en texte et vidéo 24 heures/24, le tout s'appuyant sur la puissance des rédactions du groupe Asahi à travers l'archipel et sur le réseau cellulaire performant de KDDI. "Les utilisateurs pourront personnaliser les contenus reçus en fonction de leurs centres d'intérêt, lieu de résidence ou autres critères individuels", ont-ils précisé. KDDI (30 millions de clients mobiles sur 108 millions), TV Asahi et le quotidien Asahi Shimbun (qui tire chaque matin à 8 millions d'exemplaires), visent un total de 10 millions d'abonnés à cette future offre payante à une échéance non précisée.

    Les Japonais de tous âges sont déjà de grands adeptes de l'usage des services multimédia sur mobile, une occupation qui leur mange plusieurs heures par jour, beaucoup plus que le PC domestique lorsqu'il existe. Ils sont de surcroît prêts à payer pour un service de qualité, fiable, servi par des acteurs réputés, ce qui dans le cas présent est censé être le cas. On jugera sur pièce le moment venu