• Avis sur le jeu Saints Row 2

    Saints Row a su trouver sa légitimité auprès des nostalgiques de GTA San Andreas et GTA Vice City. Ayant passé beaucoup de bon temps dessus, ma nature particulièrement obstinée s’est malheureusement retrouvée confrontée à l’insolite de dernière minute. Bien qu’il soit globalement soigné, sa jouabilité n’échappe donc pas aux remontrances. En particulier si celle-ci nous rend fous.

    saint rows.JPGPeu après la sortie de GTA IV, les concepteurs à l’origine de Saints Row 2 décidèrent de le retarder. Cette occasion leur permis de peaufiner cette parodie grotesque d’une guerre des gangs. Le scénario n’est d’ailleurs qu’un prétexte idéal aux gentilles bousculades, celle-ci s’intervertissant à loisir avec des actions secondaires, telles que des activités, du shopping ou la collection de belles bagnoles. Ici, il va être question des activités. Elles sont toutes plutôt bien trouvées et vont de la fraude à l’assurance au club de combat. Mais parlons trafic de drogue. On sait tous que la drogue c’est mal, vraiment mal, et c’est plutôt bien rendu dans le jeu puisque c’est l’activité la plus indigeste. Reste à voir pourquoi.

    Saints Row 2 : la drogue, quel chemin de croix

    Concrètement, le trafic de drogue c’est être à bord d’un véhicule et le protéger du gang adverse pendant que le dealer fait son commerce, que ça soit en déplacement ou à l’arrêt. Il y a 2 emplacements de trafic de drogue, qui forment 2 activités séparés mais au même objectif : venir à bout des 6 niveaux. Bien entendu le niveau 6, le dernier niveau, est censé apporter un certain challenge, et c’est généralement le cas, quelque soit l’activité. Néanmoins, je n’ai pas eu de soucis particulier avec l’emplacement de l’ile du nord. Le second, placé près de l’aéroport, à l’extrême sud de Stilwater (les personnes ayant fait le jeu verront ainsi de quoi je parle) m’a posé un soucis. En fait, j’ai eu un soucis tout particulièrement avec ce fameux niveau 6. Et pour cause, celui-ci présente une véritable distorsion de la difficulté, celle-ci se faisant exagérément inaccessible. En fait, on peut très brièvement résumer ça en une grossière erreur de game design, qui n’aura pas su être détectée en phase de test parce qu’elle fait partie de la fin du jeu, pour peu qu’on y ait pas prêté attention avant. Je m’étais d’ailleurs réservé l’idée de venir à bout des différentes activités avant de finir le scénario du jeu. Fol espoir que j’ai bien sûr complètement abandonné suite à ces quelques péripéties.

    A aucun moment dans le jeu pareille difficulté ne se présente. Le titre est d’ailleurs avantageusement accessible aux joueurs console, bien qu’il soit disponible aux joueurs disposant d’un PC, puisqu’à aucun moment il ne requiert une extrême précision – comme seule une souris peut fournir. Pourtant, alors même que j’enchainais les tentatives, il m’est soudain arrivé de penser « Il me faudrait vraiment une souris, ici » et ça m’était pas une fois arrivé pendant tout le jeu. Pour renforcer cette disproportion, j’ajouterais qu’au cours de ce fameux niveau 6 de l’enfer, le parcours peut varier, le nombre d’ennemis et leur manière d’attaquer peut varier, la présence ou l’absence de policiers également, ainsi que la possibilité que la personne procédant à l’achat auprès du dealer se mette à l’attaquer. En ce sens, les ennemis apparaissent aléatoirement, peuvent prendre du retard et venir à deux véhicules simultanément, rentrer dans votre pauvre caravane par l’avant ou l’arrière (et dès qu’il touchent ils provoquent des dégats, chose facilitée par de mystérieux bonus de vitesse), des flics peuvent s’ajouter si vous en croisez. Certains parcours sont bien plus faisables que d’autre, de par le terrain et la visibilité qu’il offre. Dernier point : les armes sont imposés. Ça valait bien la peine que je débloque les uzis infinis. Finalement, ce petit rien n’est rien de moins qu’une aberration vidéoludique, que j’ai tenté d’outrepasser de mille et une manières différentes et dont la seule solution semble être de coopérer avec un ami, cela se faisant exclusivement en ligne, à moins que ne jouiez de chances, laquelle semble m’avoir manqué.

    Saints Row 2 clôt cette trilogie de petits riens d’ordre purement technique. Celle-ci, sensée se mettre à notre portée, a, par le biais de ces quelques exemples, semblé m’échapper. A cette problématique, que répondre d’autre que patience et ténacité. On pourrait se féliciter qu’il y en ait si peu, finalement, des problèmes techniques, mais c’est plus simple de se montrer insatisfait et de pointer du doigt en beuglant un truc ignoble.